Notre cabane

 

Notre cabane était bien équipée. Il y avait une fenêtre, une vraie, qui s'ouvrait, avec un cadre, des gonds et tout. C'était l'œuvre de Barry, du beau travail, ma foi. (...)

Il y avait aussi un tableau, accroché à l'un des murs de pierre. Il représentait une dame vêtue d'une longue robe blanche, qui tenait sur ses genoux un bébé minuscule ; le bébé avait des cheveux bouclés et il était nu comme un ver, mais on ne pouvait pas dire si c'était une fille ou un garçon.

Nous avions aussi une table, avec deux tiroirs. Un pour Barry et un pour nous deux, Tony et moi. (...) Nous avions aussi une chaise, sur laquelle nous nous asseyions à tour de rôle, et deux caisses. Et nous avions encore une descente de lit, que j'avais sauvée au moment où Maman s'apprêtait à la mettre à la poubelle. (...) J'en avais solennellement fait don au club lors de la réunion suivante et ce qui m'avait enchanté, c'était que Tony et Barry avaient paru aussi impressionnés que je l'escomptais. Voilà, je crois que j'ai fait le tour des trésors que nous possédions dans cette cabane, si l'on excepte deux bougies que nous conservions précieusement. On ne sait jamais.

 

G. LAYTON "Le Gang des cagoules"