La cabane
La caverne
était, en réalité, peu profonde, mais se trouvait prolongée, ou plutôt
précédée, par un large couloir de roc, de sorte que rien n'était plus facile
que d'agrandir son abri naturel en plaçant sur ces deux murs, distants de
quelques mètres, un toit de branches et de feuillage. Elle était, d'autre part,
admirablement protégée, entourée de tous côtés, sauf vers l'entrée, d'un épais rideau
d'arbres et de buissons.
On
rétrécirait l'ouverture en élevant une muraille large et solide avec les belles
pierres plates qui abondaient et on serait là-dedans absolument chez soi. Quand
le dehors serait fait, on s'occuperait de l'intérieur.
(...) Lebrac choisit une grande pierre plate qu'il posa
horizontalement, non loin de la paroi du rocher ; avec quatre autres plus
épaisses, il édifia quatre petits murs, mit au centre le trésor de guerre,
recouvrit le tout d'une nouvelle pierre plate et disposa alentour et
irrégulièrement des cailloux quelconques afin de masquer ce que sa construction
pouvait avoir de trop géométrique pour le cas, bien improbable, où un visiteur
inopiné eût été intrigué par ce cube de pierres.
Louis PERGAUD "La guerre des boutons"